En direct de l'Espace #24

Troisième échec de satellisation pour la Corée du Nord le 5 avril, le 3ème étage (à moteur à poudre chinois ?) du Taepo Dong 2 ne s’étant apparemment pas séparé du 2ème étage (un No Dong 2, de type R-17 Scud amélioré). Le 31 août 1998, le premier étage du Taepo Dong 1 (un Shahab 3 iranien ?) avait correctement fonctionné, mais pas le 5 juillet 2006 avec un Taepo Dong 2 amélioré, sans empennages et de hauteur réduite. Comme le lanceur a dépassé 80 km d’altitude (et a parcouru près de 4.000 km), la Corée du Nord devient cependant le 11ème pays, depuis l’Allemagne et l’A 4 de Von Braun le 3 octobre 1942, à pénétrer dans « l’espace ». Le satellite Kwangmyonsong 2 (Etoile Polaire) pèserait environ 50 kg, certains allant jusqu’à annoncer froidement 500 kg !
Les données les plus fantaisistes, même dans la presse spécialisée, circulent sur le Taepo Dong 2, alias Unha 2 (Galaxie), qui mesurerait non moins de 30 à 35 m de haut. Le premier étage No Dong 1 aurait un diamètre courant de 1.3 m et serait dérivé du Scud C (kérosène/acide nitrique). Or le diamètre de ce dernier est de 0.9 m (changer la longueur d’un étage n’est pas difficile et se fait couramment, changer le diamètre équivaut à créer un nouvel étage) ! Le deuxième étage No Dong 2 aurait un diamètre de 1.5 m et serait dérivé du SS-N-6 Sawfly (à ergols azotés hydrazine/tetroxyde d’azote), ce qui serait là plus cohérent. Sauf que la photo du lancement montre un 1er étage de diamètre nettement supérieur à celui du 2ème ! La seule chose sérieuse que l’on puisse dire à ce jour est que le Taepo Dong 2 n’est pas sans ressembler au premier lanceur français de 1965, Diamant A, de 19 m de hauteur (charge utile de 40 kg sur une orbite 500/1.700 km/34°) :
| | Diamant A |
| 1er étage long, dia. virole masse poussée | 10 x 1,4 m 14,7 t 31 kdaN |
| 2è étage long, dia. virole masse poussée | 4,2 x 0,8 m 2,7 t 15 kdaN |
| 3è étage long, dia. virole masse poussée | 2,1 x 0,7 m 0,7 t 5 kdaN |
Quant à la 9ème puissance spatiale, l’Iran, son satellite Omid est déjà retombé le 25 avril, après moins de 3 mois en orbite.
Feu vert a été donné le 15 avril pour utiliser l’eau recyclée à bord de l’ISS, pour usage hygiénique. Son utilisation pour la boisson sera sans doute autorisée dans quelques semaines.
Serait-ce le vrai début des centrales solaires orbitales ? La société Solaren Corp (avec notamment John Mankins, bien connu à l’IAF, qui a fait des essais à Hawaii) a signé un contrat avec Pacific Gas & Electric pour lancer des satellites (4 ou 5 ?) en orbite géostationnaire. 200 mégawatts seraient ainsi produits, à partir de juin 2016. Les lanceurs retenus seraient de la classe Atlas V/Delta IV. Les cellules solaires seraient de type arséniure de gallium, avec triple jonction, d’un rendement de 42%.
Suite à la collision Iridium 33/Cosmos 2251, l’US Air Force a décidé d’augmenter de 140 à 330 les objets prioritaires suivis, dans un catalogue en comprenant 19.000 au total. Ce nombre passera vers 2015 à 120.000 grâce à la modernisation du Space Fence. Le premier satellite inspecteur, SSBS (Space Based Space Surveillance), doit être lancé en juillet (il prendra le relai du MSX-10 expérimental de 1996, dont le senseur n’était pas orientable). Cette collision était la huitième, les précédentes ayant été sans gravité : Cosmos 1934 Tsikada en 1991, Cerise le 21 juillet 1996, NOAA-7 en 1997, Cosmos 539 Sfera en 2002, un étage américain en 2005, Meteosat 8 en 2007, et UARS en 2007.
Cassini montrerait l’existence unique de montagnes dont les sommets seraient plus bas que l’altitude moyenne de Titan ! Ces montagnes s’enfonceraient en effet, car elles « flotteraint » sur un océan d’hydrocarbures.
L’administration Obama montre un désintérêt pour le spatial sans précédent dans l’histoire de la NASA : depuis le 20 janvier, aucun successeur n’a été nommé après le départ de M. Griffin. Tout ceci sur un fond de controverse sur le lanceur Ares I, d’architecture très contestée : emploi de la poudre (dangereux pour les vols habités, voir Challenger), forte instabilité en vol liée au ré-emploi des accélérateurs STS au prétexte d’économies (alors que tout doit être en réalité très modifié : nouvelle répartition d’efforts mécaniques, loi de combustion nouvelle, etc..). Quant au volet lunaire du programme Constellation, celui-ci n’est toujours pas approuvé…
Il est fort peu connu que le meilleur client historique de Boeing à l’export est Air France : première compagnie non américaine à acheter le tout premier B707 dès décembre 1955, deux mois après la Panam, elle a acheté tous les modèles de Boeing sauf le B757, et a plus récemment été cliente de lancement du B777-300ER puis du tout nouveau B777F cargo, dont la première livraison lui a été faite le 19 février dernier. Air France a de ce fait eu droit à plusieurs opérations spéciales, telle la récente livraison en grande pompe du 777ème B777 le 10 avril (un 300ER).
L’envolée du Brésil aéronautique ne s’arrête pas. Après être devenu le n° 1 mondial des avions régionaux à réaction, Embraer se positionne maintenant pour le remplacement du célèbre C-130 Hercules, avec l’annonce le 15 avril du programme KC-390, avec à la clé une option pour 22 exemplaires pour la Force Aérienne Brésilienne.
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